La maladie du ‘foie gras’ : une maladie silencieuse mais évitable

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Discret, le foie ne se manifeste pas tant qu’il ne va pas très mal. Et c’est bien ce qui rend la stéatose hépatique non alcoolique – communément appelée maladie du foie gras – aussi préoccupante. Cette pathologie, longtemps sous-estimée, progresse de manière inquiétante dans les pays occidentaux. En cause : une alimentation déséquilibrée, riche en sucres et en calories, un manque d’activité physique, et un excès de poids. Aujourd’hui, on estime qu’environ un quart de la population pourrait être concerné. Heureusement, dans la majorité des cas, cette maladie est réversible grâce à une amélioration du mode de vie.

La stéatose hépatique se caractérise par une accumulation excessive de graisses dans les cellules du foie. Contrairement à d’autres maladies du foie, elle n’est pas liée à une consommation d’alcool. Elle peut évoluer silencieusement pendant des années, sans symptômes, jusqu’à l’apparition de complications sérieuses. La forme la plus sévère, appelée NASH (stéatohépatite non alcoolique), s’accompagne d’inflammation, de fibrose, et peut évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie.

Aujourd’hui, la NASH représente une cause croissante de greffes hépatiques, et certains patients développent un cancer du foie sans passer par le stade de la cirrhose. Sa progression rapide en fait une urgence de santé publique, notamment parce qu’elle est souvent sous-diagnostiquée.

Le sucre, principal accusé  cliquez ici  : Contrairement à ce que l’on pense souvent, ce n’est pas uniquement la consommation de graisses qui est en cause, mais surtout celle de sucres ajoutés, en particulier le fructose  cliquez ici. Ce sucre est naturellement présent en petite quantité dans les fruits, mais on le retrouve en grande proportion dans le sucre blanc (saccharose), les sirops de glucose-fructose et de nombreux produits industriels. Contrairement au glucose, le fructose est principalement métabolisé par le foie, où il favorise la synthèse de graisses. Consommé en excès, notamment sous forme liquide (sodas, jus sucrés), il contribue fortement à la surcharge hépatique.

Boire du soda ou des jus de fruit, en plus d’une alimentation déjà trop riche, sans activité physique suffisante, constitue ainsi un terrain idéal pour le développement de la stéatose.

La majorité des patients concernés présentent un surpoids ou une obésité, souvent accompagnés d’autres signes du syndrome métabolique : diabète de type 2, résistance à l’insuline, hypertension artérielle, excès de triglycérides ou de cholestérol. Toutefois, 10 % des cas de NASH surviennent chez des personnes de poids normal, ce qui suggère l’implication de facteurs génétiques, notamment le polymorphisme PNPLA3, plus fréquent chez certaines populations (Hispano-Américains, Asiatiques de l’Est…).

Chez les plus jeunes, la situation est également préoccupante. Surpoids et mauvaise alimentation pendant l’enfance ou l’adolescence augmentent le risque de développer une maladie du foie sévère à l’âge adulte. Ces dernières années, les spécialistes observent d’ailleurs un rajeunissement des patients atteints de formes graves.

Face à cette maladie, les traitements médicamenteux se font encore attendre. Bien que plusieurs molécules soient en phase avancée d’essai clinique, aucune n’est actuellement disponible sur le marché. Cela dit, il existe une arme puissante : l’hygiène de vie.

 

Une alimentation équilibrée, la réduction de la consommation de sucres ajoutés, en particulier sous forme liquide, et une activité physique régulière permettent, dans de nombreux cas, de faire régresser la stéatose. L’objectif pour les patients en surpoids est de parvenir à une perte de poids d’environ 7 %, puis de la maintenir durablement. Plus le diagnostic est précoce, plus les chances de réversibilité sont élevées.

Le diagnostic de la stéatose hépatique repose sur un examen physique (IMC, tour de taille, signes cliniques comme un foie augmenté ou une jaunisse) et des examens biologiques. Les tests sanguins incluent les enzymes hépatiques (ALT, AST), des scores de fibrose (APRI, Fib-4), un profil lipidique, une évaluation de la glycémie (HbA1c) et la recherche d'autres causes de maladie hépatique. Des examens d’imagerie (échographie, FibroScan, IRM, MRE) peuvent estimer la rigidité du foie, un marqueur de fibrose. En cas de doute diagnostique, une biopsie du foie peut être réalisée pour confirmer une NASH..

La maladie du foie gras est une réalité croissante, mais elle n’est pas une fatalité. Par une meilleure hygiène de vie, il est possible de prévenir et, dans bien des cas, de faire régresser cette affection silencieuse. En tant que professionnelle de santé spécialisée notamment dans les malades digestives, mon rôle est d’accompagner chacun vers des choix durables et adaptés à son mode de vie  cliquez ici. Votre foie vous en remerciera !


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