Chaque jour, nous faisons des choix alimentaires qui semblent anodins : une noisette de beurre sur le pain, une cuillère de crème dans les pâtes, un morceau de fromage pour finir le repas. Ces gestes font partie de notre culture culinaire et du plaisir de manger.
Pourtant, ces habitudes répétées peuvent avoir un impact sur la santé cardiovasculaire — en particulier chez les femmes. Car contrairement aux idées reçues, les maladies cardiovasculaires ne concernent pas uniquement les hommes. En France, toutes les 7 minutes, une femme décède d’une maladie cardiovasculaire, soit environ 200 femmes chaque jour. Et le nombre d’infarctus est en hausse (+ 25 % chez les femmes non ménopausées)
Que sont les acides gras saturés ? Ce sont des graisses solides à température ambiante. On les retrouve principalement dans :
- le beurre, la crème et les fromages
- les viandes grasses et les charcuteries
- certaines huiles tropicales (palme, coco)
- de nombreux produits transformés (pâtisseries, biscuits, plats préparés)
Sur le plan chimique, ils sont dits « saturés » car leur structure est entièrement occupée par des atomes d’hydrogène. Cette particularité explique leur texture plus rigide… et en partie leur impact métabolique.
Pendant longtemps, les acides gras saturés ont été associés à une augmentation du LDL-cholestérol, souvent qualifié de « mauvais cholestérol », favorisant l’athérosclérose et les maladies cardiovasculaires.
Aujourd’hui, la recherche a affiné cette vision. Tous les acides gras saturés ne se valent pas, et leur effet dépend de plusieurs facteurs :
- leur origine alimentaire
- leur fréquence de consommation
- l’équilibre global de l’alimentation
- et surtout, par quoi ils sont remplacés
Autrement dit, ce n’est pas uniquement une question de quantité, mais d’équilibre.
Tous les aliments riches en graisses saturées n’ont pas le même impact :
· Les produits laitiers (lait, yaourts, fromages) contiennent des acides gras saturés dont l’effet cardiovasculaire est globalement neutre lorsqu’ils sont consommés en quantités adaptées. Ils apportent aussi du calcium et des protéines, essentiels à certaines périodes de la vie féminine. Certains sont également fermentés, donc particulièrement bénéfiques pour le microbiote cliquez ici Il n’est donc pas nécessaire de les supprimer, mais d’en ajuster les portions. Cliquez ici
· Les viandes rouges et les charcuteries sont plus riches en acides gras saturés défavorables et souvent associées à du sel et à des additifs. Leur consommation régulière augmente le risque cardiovasculaire et doit être limitée.
· Les huiles de palme et de coco, très concentrées en graisses saturées, sont surtout problématiques lorsqu’elles sont présentes dans les produits ultra-transformés.
· Le chocolat noir, riche en acide stéarique, a un effet neutre sur le cholestérol et apporte des antioxydants. Consommé avec modération, il s’intègre à une alimentation équilibrée.
Selon les recommandations de l’Anses, les lipides doivent représenter environ 35 à 40 % de l’apport énergétique quotidien. La part des acides gras saturés ne devrait pas dépasser 12 % de l’apport énergétique total, et les plus délétères d’entre eux doivent rester sous 8 %.
Dans la pratique, une alimentation « traditionnelle française » — pourtant perçue comme équilibrée — peut facilement dépasser ces repères d’acides gras saturés, simplement par l’accumulation : beurre le matin, quiche au déjeuner, cake maison au goûter, parmesan et noisette de beurre dans lés pâtes le soir, et cela même sans fast-food, sans produits ultra-transformés.
Adapter son alimentation ne signifie pas renoncer au plaisir, mais apprendre à ajuster, en tenant compte de ses besoins réels et de son mode de vie.
Comment agir sans tout bouleverser ? Quelques réflexes simples peuvent faire une vraie différence :
- varier les matières grasses (huile d’olive, colza, noix)
- limiter la fréquence des charcuteries et viandes grasses
- respecter des portions raisonnables de fromage
- privilégier le fait maison simple
- penser l’équilibre sur la semaine, pas sur un seul repas
Les graisses saturées ne sont ni des ennemies à bannir, ni des aliments à consommer sans limite, leur place doit être pensée dans une alimentation globale et équilibrée.
Chacun ayant une histoire, des contraintes et des besoins spécifiques, ces repères gagnent à être personnalisés. En tant que diététicienne-nutritionniste, spécialisée en santé féminine, je suis disponible pour accompagner celles qui souhaitent des conseils nutritionnels plus précis, adaptés à leur âge, leur rythme de vie et leurs objectifs de santé. cliquez ici